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Soyons sages : le 10 avril, allons voter.

Dernière mise à jour : 18 mars

"Le sage est celui qui s'étonne de tout." (André Gide)



Ainsi donc, je ne suis pas très sage ... car ne m'étonnant que très rarement : j'imagine toujours que le pire peut arriver d'où ma capacité à anticiper des situations inimaginables !


C'est aussi une leçon que j'avais apprise de "mon patron" - Henri-Hervé Lang - lorsque je travaillais chez Alcatel. C'était encore l'époque des telex ... que la génération d'aujourd'hui ne peut même pas imaginer. J'étais en charge de relations avec notre fournisseur au Canada avec qui nous échangions en anglais ... alors même qu'on ne demandait pas aux télexistes de comprendre des langues étrangères. Je charge la nôtre d'envoyer un message en anglais (qui concernait tout de même une affaire de quelques 10.000 $). A réception de la copie de l'envoi, je vois qu'elle a omis un "not" ... Je re-écris vite une note à expédier avec "you should read ..." et là, elle me fait une seconde bourde ... J'ai cru devenir folle ... Un message simple devenait une affaire d'état mais ... il y avait 10.000 $ en jeu. Obligée d'en référer à mon boss, j'ai reçu une bonne leçon de vie de sa part : "Miss, si elle avait vos capacités, elle serait à votre place. C'est à vous de vous adapter pour comprendre et être comprise".


Je crois que c'est à partir de ce malencontreux incident que j'ai appris à anticiper - ce qui était sa formule maîtresse ... "Anticipez".


Le fait d'anticiper vous oblige à imaginer que ce peuvent faire vos interlocuteurs ... Imaginer, c'est d'abord accepter le fait que tout le monde ne pense pas comme vous. C'est s'obliger à penser autrement.


Cet exercice qui devient au fil du temps instinctif vous permet de réagir presque aussi vite que l'éclair, ce que bien de mes amis (comme de mes ennemis !) me reprochent !!!


L'élection présidentielle proche et son intégration dans un contexte guerrier grave est l'occasion où jamais de mettre en oeuvre cette capacité à anticiper.


Nul ne peut nier la valeur du président de la République Française actuelle. Nul ne peut nier son charme. Nul ne peut nier la qualité de son marketing politique. Nul ne peut nier qu'il a attendu le dernier moment pour se déclarer candidat. Nul ne peut nier qu'il a eu tout loisir d'étudier les programmes de ses compétiteurs et leur impact sur les citoyens. Nul ne peu nier que les propositions émises par Valérie Pécresse, antérieures aux siennes, se retrouvent dans le programme du candidat Emmanuel Macron.


Mais nul ne peut nier non plus son comportement élitiste et par là même le sentiment de mépris ressenti par bien des Français, qu'ils soient simples individus ou élus.


Les Français responsables doivent anticiper le fait que beaucoup d'entre eux, pensant que "les jeux sont faits", n'envisagent pas d'aller voter.


Ces Français responsables ont une lourde charge : convaincre leurs voisins et amis récalcitrants d'aller voter.


Ne pas aller voter, c'est anticiper des mouvements sociaux lourds dans les 6 ans à venir car oui, le vainqueur de cette élection - qui qu'il soit - pourra être considéré comme illégitime par la majorité abstentionniste et il faut le reconnaître et le dire.


Ne pas aller voter, c'est anticiper un éventuel vote "ras-le-bol" ; c'est donc accepter qu'un représentant des extrêmes (de droite ou de gauche) arrive au pouvoir au risque de voir la position de la France affaiblie à l'extérieur et désunie à l'intérieur.


Le 1er tour de cette élection est plus que jamais déterminant sur notre avenir : laisser les manoeuvres macronniennes amener Marine Le Pen au second tour, c'est véritablement prendre le risque d'avoir au pouvoir une femme débitrice d'un criminel de guerre comme le sont également Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon.


Soyons sages. Le 10 avril, allons voter.

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